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Bénin : l’ancienne ministre Fatouma Amadou Djibril donne de la voix depuis sa cachette

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Elle est finalement sortie de son silence. Fatouma Amadou Djibril ancienne ministre de l’agriculture du président Boni Yayi, indexée dans une affaire de malversation pendant sa gestion, réside aujourd’hui sur la terre française. Depuis son lieu d’exil, elle a donné sa part de vérité sur les dossiers dans lesquels elle est mise en cause. Dans une vidéo postée par nos confrères d’ « Elites Press » sur Youtube, l’ancienne ministre Fatouma Amadou Djibril a expliqué comment elle s’est retrouvée en exil par la force des choses. Lisez plutôt quelques extraits de ses propos.

EXTRAIT DES PROPOS DE L’ANCIENNE MINISTRE FATOUMA AMADOU DJIBRIL

« J’ai travaillé pendant 13 ans dans une usine d’égrenage de coton appartenant à son excellence le Président Patrice Talon. Donc vous comprenez, il me connait et je le connais. Pour avoir travaillé avec lui pendant 13ans, il connait ma probité, il connait mon honnêteté, il connait mon intégrité.  Donc j’ai été surprise par un communiqué du conseil des ministres le 28 juin 2017, qui évoquait une mauvaise gestion dans la filière coton. Le nom de mon collègue Djènontin a été cité ainsi que Bako et Komi Koutché. Donc mon nom n’était pas cité au début. Quand ça été annoncé en conseil des ministres, ce fut un tollé  et les gens ont dit pourquoi le ministre de l’agriculture n’était pas indexé. On en était là quand la Cour Constitutionnelle a dit que ce n’était pas conforme à notre Constitution. Un audit que jamais les noms cités n’ont pas été écoutés par l’auditeur. Donc les principes élémentaires d’un audit n’ont pas été respectés, le principe du contradictoire n’a pas été respecté. On en était là, quand en février 2018, mon parti force cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) a organisé un congrès à Parakou.

Le gouvernement de la Rupture pris de panique, commence encore de plus bel la traque aux opposants. Donc le procureur de la République qui est l’appendice du ministre de la justice, envoie nos noms à l’Assemblée pour demander la levée d’immunité et l’autorisation de poursuite des anciens ministres. C’est là où je vois mon nom  allé là-bas. Jusqu’à là, Djènontin n’a jamais été auditionné par  cet auditeur. La commission des lois a écouté Djènontin et un autre député du nom de Bako Idrissou. La commission a affirmé qu’il n’y avait aucune charge contre eux. Mais à la plénière tous ces députés qui ont dit qu’il n’y avait aucune charge contre eux, tous ont voté pour la levée d’immunité. Au moment où on faisait le vote de la levée d’immunité, il y avait un député ministre du nom de Simplice Codjo et Garba Yaya qui ont intervenu. Vite, ils ont vu leur nom aussi nous rejoindre. Donc vous parlez à l’hémicycle, en même temps il y a quelqu’un qui écrit et on lève votre immunité. La question d’immunité d’un député, c’est pour ne pas tomber sur des coups politiques qu’on accorde l’immunité à un député. C’est la première fois dans l’histoire de notre parlement. Vous parlez, le procureur écrit vous avez fait ci et ça et on vote contre vous. Courant novembre 2017, ils m’ont convoqué parce que tous les jours, on vous colle des dossiers.

Ils ont encore monté un dossier pour dire malversation du don du riz japonais. Mais ce n’est pas le ministère de l’agriculture qui pilote le riz japonais. C’est le ministère du commerce. Ils m’ont convoqué à la brigade de recherche avec certains cadres de l’ONASA,  j’ai dit l’ONASA est un bras opérationnel dans cette histoire. Ce n’est pas le ministre de l’agriculture qui s’en occupe. C’est plutôt le  ministre du commerce. Là 24 heures après, on m’a libéré. Pour la passation des marchés des intrants au niveau de la filière coton, ils disent que ou c’est Djènontin qui a substitué certains adjudicataires ou c’est moi ministre de l’agriculture qui ai substitué certains adjudicataires. Quelle est cette façon d’accuser les gens ? On était là, quand ils ont créé précipitamment une cour de répression des infractions économique et du terrorisme (CRIET). Donc tous les anciens ministres devraient passer par là-bas. On a vu sur les réseaux sociaux ce bordereau. Ce n’est pas possible. Ils ont eu l’autorisation de nous poursuivre devant la Haute Cour de Justice. Mais pas devant la CRIET.  On retourne au moyen âge ou bien quoi ? Ça c’est dépassé ça. L’actuel Président a fait sa fortune sur le coton. Mais quand il est arrivé, il devait nous féliciter. Quand il partait en 2012, le tonnage national du coton était à 174.000 tonnes. Au moment où j’ai été nommée ministre de l’agriculture, de 240.000 tonnes on est passé à 350.000 tonnes. Ça veut dire qu’au moins, on a pu relever la production nationale. Mais aujourd’hui on ne sait pas comment le coton est géré. Même s’ils se lèvent aujourd’hui et disent 1 million de tonnes, c’est ça on connait. Tous les autres acteurs sont balayés. C’est ce qu’on nous déclare qu’on reconnait. Mais je crois qu’il faut qu’il ait l’honnêteté la gentillesse de reconnaitre  au régime défunt, que nous avons pu quand même pu accroitre la production nationale. Mais on est là, on est toujours persécuté et poursuivi. Chaque fois que Force Cauris sort, on doit lever l’immunité de d’autres têtes. C’est comme ça, on s’est retrouvé sur la terre française mon collègue et moi. »

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